Matérialisme, épistémologie et communautés sceptiques : héritages et perspectives

[Edit 11/07/2021 : clarification et coupe des passages ambigus ou superflus ; 14/07/2021 : clarification des passage impliquant la politique et le militantisme ; 15/07/2021 : ajout d’un paragraphe à la fin de l’introduction au sujet de la distinction sciences humaines/sciences naturelles ; 19/07/2021 : Clarification après discussion avec l’intéressé de l’opinion de Tzitzimitl concernant les oppositions propres à la nébuleuse sceptique]

Aujourd’hui, de nombreuses personnes se revendiquent « sceptiques », et parmi celles-ci certaines créent du contenu à ce sujet, notamment sur internet. L’étiquette de « sceptique », ou encore « zététique » est assez vague et mérite définition. Je considère ici les sceptiques comme des personnes qui font la promotion du scepticisme scientifique et de l’usage de la (ou des) méthode scientifique, notamment en tentant de démontrer la fausseté et/ou la dangerosité de certaines croyances. Je m’exprimerai ici uniquement à propos des créatrices et créateurs de contenu, tout  simplement car ces personnes sont celles qui sont visibles, sur internet et parfois dans les médias traditionnels. Celles-ci ne représentent pas un mouvement uni mais plutôt une nébuleuse qui compte de multiple individus et organisations parfois proches, parfois opposées et parfois évoluent tout simplement dans des espaces différents, sans se côtoyer.

Bien qu’il n’existe pas de camps clairs et bien défini, une opposition entre deux tendances du mouvement dit « sceptique » ou zététique est de plus en plus visible. Jérémy Royaux en parle dans son article « un mouvement sceptique au bord de la scission », au titre volontairement provocateur.

Cependant, comme le fait remarquer Tzitzimitl (par ailleurs créateur de contenu sceptique) dans les commentaires, ces deux « mouvances » ne sont pas deux groupes appartenant à un même mouvement, mais au contraire des « démarches fondamentalement différentes voire opposées ». Celui-ci évoque une opposition entre sceptiques et « scientistes », les seconds se distinguant par leur dogmatisme [1]. Je pense que cette opposition est pertinente et importante, mais n’est pas la seule possible. Une autre piste me paraît être de distinguer deux postures épistémologiques, chacune défendues par une de ces mouvances, et de les étudier au prisme de l’histoire du matérialisme [2] telle que proposée par Pascal Charbonnat. Celui-ci, dans son livre « Histoire des philosophies matérialistes », distingue pour le XIXe siècle deux émanations de la pensée matérialiste, le matérialisme évolutionniste et le matérialisme dialectique, chacun ayant fortement influencé les courants épistémologiques, et par extension les courants sceptiques. En effet, ceux-ci sont (pour les créateurs et créatrices au moins) souvent universitaires, ou fréquentent ce milieu, ou a minima s’appuient sur des recherches scientifiques pour leurs propres productions [3].
L’un des intérêts d’une telle approche est de dépasser le clivage sciences naturelles/sciences sociales, qui sépare (et souvent hiérarchise) les disciplines scientifiques. Je ne nie pas que l’image que renvoie chaque discipline, les moyens qui lui sont alloués, les débouché qu’elle permet aura tendance à attirer un type d’étudiant.e.s comme de chercheur.e.s (donc de mettre en avant des idées et idéaux variés) particulier. Cependant, même si ces tendances sont indiscutables, je ne pense pas qu’une distinction sciences naturelles/sciences humaines et sociales soit pertinente scientifiquement. Je considère ainsi que, pour distinguer les travaux d’universitaires mais aussi de sceptiques, une distinction basée sur l’héritage intellectuel, la méthode et les objectifs de celles et ceux-ci ne peut qu’être plus pertinente qu’une distinction basée sur l’appartenance à une discipline, qui elle-même s’appuie sur une distinction disciplinaire arbitraire.


Le matérialisme évolutionniste, héritier des Lumières et de Darwin

La première branche du matérialisme que distingue Charbonnat est le matérialisme évolutionniste. Héritier des philosophes des Lumières et fortement influencé par le Darwinisme, son principal objectif était de lutter contre l’influence de la religion et plus généralement de la spiritualité dans la société, notamment dans les sphères philosophiques et scientifiques. Les matérialistes évolutionnistes considéraient la matière comme unie dans sa nature et éternelle dans la mesure où sa forme peut évoluer mais qu’elle ne peut être créé à partir de rien ou disparaître. Par conséquent, les mêmes lois naturelles s’appliquent universellement à l’ensemble de l’existant, quelle que soit la manière dont les êtres humains, limités par leurs sens, les perçoivent. Ce postulat est la base du monisme méthodologique, c’est-à-dire l’idée que l’ensemble de la matière et les phénomènes qui en résultent sont unis par leur nature et peuvent être étudiés avec la même méthode.

Pour les matérialistes évolutionnistes, l’évolution correspondait au progrès, et ils attachaient beaucoup d’importance à la liberté individuelle, qu’elle soit de déplacement, de commerce, politique ou religieuse, ainsi qu’à l’émancipation par l’éducation, tout en étant opposés au communisme. C’est notamment le cas de Vogt, pionnier de cette approche, qui a attaqué et a été attaqué par Marx et Engels. Cela n’empêcha pas certains matérialistes libéraux comme Ludwig Büchner et plus récemment Peter Singer, d’être égalitaristes et favorables à la justice sociale mais leur posture, réformiste plutôt que révolutionnaire, les distingue des matérialistes dialectiques.

Héritages du matérialisme évolutionniste

Il me semble pouvoir citer parmi les héritier.e.s de la posture épistémologique issue du matérialisme évolutionniste (que j’appellerai ici simplement « évolutionnistes ») le biologiste Richard Dawkins, le linguiste Noam Chomsky, ainsi que le philosophe Peter Singer, un des fondateurs de l’antispécisme pour les anglophones ; le courant individualiste en sociologie, mené par Boudon puis Bronner, Henri Broch et les héritiers de ces recherches qui sont notamment actifs par le biais du Cortecs, ou le biologiste Lecointre du côté francophone.

Du côté des sceptiques, ceux qui me semblent les plus visibles sont notamment le duo créateur La Tronche en Biais, l’Observatoire zététique (dont fait partie Christophe Michel, reconnu pour ses vidéos) ou encore Jérémy Royaux, précédemment cité et ses camarades du Balado SC.  
Comme leurs ancêtres philosophiques du XIXe siècle, les évolutionnistes s’opposent principalement aux croyances, religieuses et spirituelles mais aussi complotistes. L’utilisation du terme de zététique vient tout droit de cette tradition, puisque c’est Henri Broch qui l’a remis au goût du jour. L’observatoire zététique donne pour définition à la zététique : « Cette démarche se propose d’aborder avec un regard sceptique et une méthodologie rationnelle les phénomènes extraordinaires ». Cette définition, qui ne représente certes que ledit Observatoire, s’inscrit dans la ligne de la lutte des matérialistes évolutionnistes contre l’influence des spiritualismes, mais pas dans un cadre ouvertement militant.

Les productions des évolutionnistes valorisent l’émancipation individuelle, qu’on retrouve dans la mise en avant d’outils par l’observatoire zététique ou le Cortecs, et plus généralement dans l’ensemble des initiatives d’éducation à l’esprit critique. Ils et elles tentent souvent d’ouvrir le débat dans le but d’arriver à un consensus. Cette recherche de consensus (dans les paroles ou les actes) s’oppose frontalement à la logique confrontationnelle des dialectiques, influencés par le communisme autoritaire pour lequel la poursuite des objectifs politiques est atteint non pas de manière démocratique mais par la prise de pouvoir d’une minorité, qui peut (ou plutôt est censée pouvoir, car une telle éventualité ne s’est jamais concrétisée à ce jour) alors faire évoluer la société pour la rendre communiste.

Le matérialisme évolutionniste a apporté des méthodes permettant de décrire le monde efficacement, notamment car l’évolution et la remise en question de ces méthodes est centrale, et qu’elle se sont perfectionnées depuis deux siècles. Il lui est cependant reproché son absence de prise en compte du politique et des rapports de force, ainsi que son « universalisme », c’est-à-dire de se revendiquer d’une manière d’étudier et d’une morale qui se voudraient transcendantes du temps et de l’espace, mais qui sont de fait ethnocentrées et peuvent aller jusqu’au scientisme. Ces critiques ne tiennent pas tant sur la rigueur de l’application de la méthode en soi mais sur les choix faits en amont ou les interprétations faites en aval, notamment parce qu’ils et elles ne prendraient pas forcément assez en compte les biais qui peuvent influer sur les choix précédant l’expérience en soi, par exemple le choix du sujet ou des phénomènes étudiés.

Des évolutionnistes sont également régulièrement accusés de réductionnisme, dans le sens où les dimensions sociales de certaines cause ou variables seraient ignorées ou minimisées. C’est ce réductionnisme et peut-être pour certain.e.s un manque de de compréhension des enjeux qui conduirait certaines critiques à considérer que certains « zététiciens » font le jeu de l’extrême droite en accordant une voix et de l’influence à des individus problématiques.         
De fait, et même si certain.e.s des évolutionnistes sont libertaires, la majorité d’entre elles et eux semble réformistes et pro-capitalistes bien que progressistes (ou ne sont pas publiquement anti-capitalistes), ce qui les place en porte-à-faux par rapport aux dialectiques. En effet, même si des sujets comme l’éducation à la science, l’athéisme militant ou l’antispécisme sont politiques et potentiellement radicaux, ils peuvent être compatibles avec le capitalisme.

Il est enfin reproché à certains évolutionniste leur élitisme et leur condescendance, notamment à propos des croyant.e.s, qui peut s’avérer contre-productive. Ce défaut est avant tout attribué aux « sceptiques de l’internet », puisque les universitaires qui s’inscrivent dans la lignée d’Henri Broch ont une démarche généralement centrée sur le dialogue et la coopération avec les personnes croyantes, notamment par la mise en place d’expériences en collaboration avec ces dernières. Une vidéo publiée par la Tronche en Biais au sujet des complotistes anti-vaccins a récemment causé des débats houleux a ce sujet et illustré les tensions autour de ces enjeux (tout en permettant de nuancer l’acceptation d’attitude hostile envers les croyant.e.s parmi les évolutionnistes). Cependant, cette hostilité ne doit pas se penser par le seul prisme de l’élitisme, mais aussi par celui du passif de l’opposition traditionnelle à ce genre d’organisations de la part des évolutionnistes (notamment celles qui abusent de leur pouvoir et/ou présentent un danger pour la société) tout comme des nombreuses attaques et menaces qu’on reçus les créateurs de la Tronche en Biais de la part de personnes se réclamant de ce milieu complotiste.    

Le matérialisme dialectique, au cœur de la lutte des classes marxistes

Le matérialisme dialectique est avant tout issu des réflexions et des travaux des penseurs communistes autoritaires Marx et Engels. Leurs principaux adversaires intellectuels sont non pas les structures religieuses et spiritualistes, mais les « hégéliens de gauche », alors influents parmi les progressistes allemands. Les matérialistes dialectiques, contrairement à ces hégéliens, niaient tout caractère divin à l’humanité et refusaient de recourir au transcendant pour expliquer l’origine du réel ou ses manifestations. Ce qui différencie Marx et Engels des matérialistes évolutionniste est la place centrale qu’ils accordent aux rapports sociaux humains et notamment des rapports de force et des rapports de production des sociétés. Pour eux, la connaissance, et donc l’éducation, n’est pas le seul ni même le plus important levier de changement de la société : ce n’est pas la seule émancipation par rapport aux croyances, mais le changement des conditions matérielles qui permet d’accéder à de nouvelles représentation, changement qui ne peut survenir que par la lutte.

L’idée de lutte est en effet primordiale dans le matérialisme dialectique : la lutte incessante entre les phénomènes (qu’il s’agisse d’individus ou de groupes humains, ou bien d’autres manifestations de la matière, vivante ou non) conduit aux transformations, qui s’expriment par la négation de l’état précédant. Pour illustrer ce mécanisme, Marx prend l’exemple de l’orge : un plant d’orge est la négation de l’état de grain, dont elle vient, puis elle produit des grains, qui sont eux-mêmes la négation de l’état de plante.

En tant que matérialistes, Marx et Engels voient la science d’un bon œil, dans la mesure où elle peut conduire à des représentations du monde de plus en plus précises. Cependant, la manière dont ils perçoivent ce qu’est la méthode scientifique diffère de celle des évolutionnistes sur deux éléments : d’une part l’idée que la pratique de la science dépend à la fois de qui la produit et des matériaux sur lesquelles elle travaille, d’autre part la nécessité d’appliquer une méthode spécifique aux phénomènes sociaux issus d’interactions humaines, base théorique du dualisme méthodologique. 

Les héritier.e.s du matérialisme dialectique

Les universitaires et sceptiques les plus influencé.e.s par le matérialisme dialectique (que j’appellerai ici simplement « dialectiques ») me semblent nombreux-ses dans les disciplines telles que la sociologie et notamment le courant Bourdieusien, les sciences de l’éducation, l’anthropologie, certains pans de la linguistique ou de la psychologie. En philosophie, cet héritage me semble visible chez les philosophes dits postmodernes (Deleuze, Derrida, Foucault, Lacan etc.) ou les théoricien.ne.s de l’intersectionnalité, et celles et ceux qu’ils ont influencé. Au sein de la nébuleuse sceptique, ce courant me semble notamment représenté par les membres du collectif Zet’Ethique, auquel on peut éventuellement ajouter les auteur.e.s de cette réponse collective à un billet de Thomas Durand de La Tronche en Biais

Comme Marx et Engels, les dialectiques soulignent l’importance des luttes sociales et plus généralement des rapports de force susceptibles d’exister entre des individus, des groupes ou des institutions. Cette approche a pour objectif de mieux comprendre les oppressions et les rapports de force au sein des structures sociales multiples afin d’en limiter les effets néfastes et, à terme, de les abolir.

Une autre notion clé pour les dialectiques est celle de « savoir situé ». Cette idée, développée notamment par Haraway, postule que le savoir est « situé » dans la mesure où il n’existe pas indépendamment de son environnement mais est le produit d’individus biaisés par leur identité et leur histoire personnelle. Si cette idée n’est pas rejetée au sein des sciences dites naturelles (les contrôles en double aveugle ne sont pas apparus pour rien, et la notion de biais cognitifs souvent mentionnée), c’est pour ces derniers l’individualité en soi, et non pas l’identité (genre, ethnie, positionnement politique ou autre) des chercheur.e.s qui est prise en compte.

Un reproche fait aux défenseurs de cette posture est d’être trop « politisé.e.s », de manquer de rigueur scientifique et de se servir de leur position au sein des institutions scientifiques non pas pour « faire de la science » dans le sens de faire des expériences en appliquant la méthode scientifique, mais pour faire progresser leurs idéologies dans la société sans se remettre en question, ou tout simplement pour profiter d’une position privilégiée.
Ce n’est pas étonnant car le matérialisme dialectique s’est développé dans un cadre politique et militant qu’est le marxisme, qui remet radicalement en question les institutions existantes. Ce cadre implique que les travaux de recherches ou de vulgarisation scientifique, en brèche avec l’idéologie dominante, sont plus ouvertement contestataires et en conflit avec les défenseur.ses de celles-ci, ce qui rend leur dimension politique saillante.

Une autre critique assez proche faites aux dialectiques est celle d’user de leur position en tant qu’universitaires ou intellectuels pour produire du contenu qui reprend les codes des travaux utilisant la méthode scientifique sans en être. Sokal et Bricmont, dans leur ouvrage « impostures intellectuelles » fait le reproche aux « postmodernes » d’utiliser un vocabulaire technique habituellement propre aux sciences dites naturelles vidé de son sens premier, qui sert non pas à élaborer des théories nouvelles mais à masquer la pauvreté intellectuelle de leurs discours. Les « postmodernes » ne seraient donc pas des individus utilisant la méthode scientifique mais des philosophes employant (mal) un vocable scientifique. La différence dans la manière dont est perçue la politique entre les deux matérialismes permet de mieux comprendre ce type d’accusations, qu’elles soient fondées comme celles de Sokal ou plus fantaisistes (le récent exemple des débats autour de l’ « islamo-gauchisme » illustre bien la manière dont ces critiques peuvent être instrumentalisées par les réactionnaires). L’idée de ce qu’est la recherche et de ce qu’est une preuve diffère entre les deux postures, parce que les un.e.s considèrent la matière comme unie par sa nature et les autres que ce qui concerne l’humain doit être étudié avec une méthode différente du reste. Logiquement, du fait de cette opposition,ce qui est vu d’un côté comme une faute méthodologique inacceptable par les uns peut être vu par les autres comme un processus scientifique légitime.  
Ainsi, les accusations de « réductionnisme biologique » et « réductionnisme social » sont liées au dualisme méthodologique : les dialectiques ne recourent pas autant, voire pas du tout, aux outils utilisés dans les disciplines de sciences dites naturelles, qu’elles et ils ne jugent pas adaptées à l’étude de phénomènes liés directement aux humains, et inversement [4].

Une dernière critique, qui est faite aux sceptiques plutôt qu’aux universitaires, est la défense, voire l’usage de la violence (le plus souvent verbale). Cet usage est logique pour les dialectiques, qui considèrent toute démarche militante (comprenant la science) comme fondamentalement confrontationnelle, et qui considèrent par ailleurs que leurs adversaires ont tout autant recours à la violence symbolique ou matérielle, mais qu’elle est dissimulée. Elle a tendance à choquer du côté les évolutionnistes, dont les idées ne sont plus réprimées depuis longtemps (et qui n’ont pas eu besoin de faire usage de violence pour s’imposer face aux discours religieux) et qui sont plus favorables aux débats et aux controverses, ou à minima à ce que la violence soit encadrée et limitée par les institutions [5].


Conclusions

Je ne pense pas que toutes les critiques abordées dans cet articles, au sujets des dialectiques comme des évolutionnistes soient justes, notamment parce qu’elles se contredisent parfois, et parce que les individus qui sont plus ou moins proches de ces groupes restent des personnes différentes, qu’on ne saurait blâmer pour les mêmes choses. Il ne s’agit de toute façon pas de trier le vrai du faux : mon but, et j’espère que ces paragraphes y sont parvenus, était de remettre en contexte les objectifs, les méthodes et l’éthique de ces deux mouvements, pour mieux comprendre les critiques qui leur sont faites, qu’elles dénoncent des dérives réelles ou se basent sur des idées reçues. Il y a bien (au moins) deux courants dans la nébuleuse zététique, et leurs disputes, même si elles causent des dommages bien réels à des sceptiques harcelé.e.s et menacé.e.s, je pense qu’elles ont au moins le mérite de mettre en avant les limites de chaque approche.

Je ne pense pas que ces postures différentes soient vouées à s’opposer : j’ai l’impression que, dans la mouvance sceptique, de plus en plus de personnes tentent de concilier ces approches. L’enjeu futur sera pour moi de lutter contre les tendances élitistes et autoritaristes présentes parmi les évolutionnistes comme les dialectiques, car je pense c’est sur cette base qu’auront lieu les prochaines luttes d’influence.


[1] Tzitzimitl recommande sur le sujet la lecture de l’ovrage de Richard Popkins Histoire du scepticisme. De la fin du Moyen Âge à l’aube du XIXe siècle

[2] Je m’inspire ici des travaux de Charbonnat pour proposer cette définition du matérialisme comme une « Posture philosophique considérant que toute chose est matière ou issue de la matière« .

[3] L’influence de ces postures ne se limite pas à ces milieux : il serait sans doute intéressant pour une personne plus compétente que moi sur ce sujet d’étudier l’influence de ces deux héritages matérialistes sur les discours des partis politiques ou des médias.

[4] : Ce qui ne veut pas dire que ces critiques ne soient jamais pertinentes.  

[5] : Je ne pense cependant pas que cette méfiance soit entièrement superflue : l’usage historique de la violence et de l’autoritarisme au nom d’une idéologie progressiste à laquelle se sont livrés des partis se réclamant du communisme autoritaire par la passé, notamment face aux anarchistes, n’incite pas à une confiance aveugle en des individus dont les fondements idéologiques sont similaires lorsque ces dernières font usage de violence pour s’imposer face à des mouvances concurrentes.

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